03 mars 2025
Come to where the flavor is ...
B.R.M. P160. JPB Monaco 1972
A la porte de Versailles, face au 69 boulevard Victor, se tenait début février la kermesse annuelle des amoureux de la belle mécanique. Absent l'an dernier, je n'aurais pour rien au monde manqué ce rendez-vous et encore moins cette occasion de revoir ces visages et ces figures, en bref ces copains dont la densité au m2 n'est nulle part aussi élevée.
Promenons-nous donc dans les allées de Rétromobile...
Francis Rainaut

Les formule 1 à l'honneur
Que l'on arpente les allées en traçant des « S », « Z » voire des « H » pour être certain d’avoir tout vu, on n'échappait pas aux formule 1, spécialement celles des années soixante-dix, ce qui n'avait rien pour me déplaire.
Avec tous les modèles présentés, on aurait facilement pu constituer une grille de départ des plus intéressantes.
BRM P160, Ferrari 312 T4, McLaren M9A, Hesketh 308, Tyrrell 008, March 711 et tout un aréopage de F1 bleues, dont les Matra MS80 et MS120.
Des Matra à l'honneur, justement, qui trônaient sur le stand de MATRA e-bikes, une firme qui a repris le nom commercial ce qui ne plaira pas à tout le monde, mais au moins Matra ne figure pas encore au boulevard des oubliettes.
Qu'en pensent les amis de MATRA-Passion, relégués à l'extrémité du Hall 3 ?



Oh Carroll !
A l'arrêt devant une réplique de la MkII déclarée vainqueur au Mans en 1966, je tombe sur un spécialiste capable de repérer l'absence d'un sticker sur la Ford des Kiwis et même de s'offusquer d'un numéro arrière posé droit et non en biais, de façon à rester bien visible depuis les stands. On est bien à Rétromobile, et nulle part ailleurs !
Je me mêle à la conversation, un troisième quidam arrive, haute stature et le genre plutôt américain. Les présentations étant faites, j'apprends qu'il s'agit du petit-fils de Caroll Shelby, venu tout exprès des USA pour être présent Porte de Versailles. Il n'y a guère qu'ici que l'on peut voir ça.

Bonne ID la DS
A l'occasion des ses 70 ans, qu'elle ne fait pas, la DS était à l’honneur. J'ai une anecdote à vous confier, la première fois que j'ai « conduit » une auto - sur les genoux d'un ami de mes parents au Maroc - c'était au volant d'une ID 19 bleu foncé. Cette expérience m'a laissé un souvenir indélébile, aussi ai-je arpenté ce stand très réussi à la recherche de la bonne ID.

Vous me croirez ou pas, elle était là parmi les DS, avec peut-être - chipotons un peu - juste un rétroviseur extérieur anachronique et des enjoliveurs de phare qui dans mes souvenirs n'étaient pas chromés.
Mais bon, ...
" Qu’est ce que je vois là ?, ça
- J’l’avais en cas qu’il aurait fallu tirer en rafale, des fois qu’ils seraient tous sortis d’un coup, TATATATATA ......Hop !
- C’est marrant que t’es gardé ce côté maquisard, t’es pas en âge d’arrêter tes momeries ?
- Bon, c’est fini oui ? Puisque je vous dis que je suis pressé ! "


Ferrari 312P « le Mans » avant mise à feu
Rappelez-vous les 24h du Mans 1969. Rappelez-vous l'infortuné John Woolfe qui ne verra pas la fin du 1er tour. Chris Amon, lui, ne fut que malchanceux, as usual pourrait-on dire.
Roulant sur les débris de la Porsche 917 « Client » accidentée, sa 312P fermée s'embrase et termine là sa course, sans dommage pour le sympathique kiwi, chanceux en définitive.
Une réplique de cette 312P est présente au Salon, on peut estimer qu'au niveau des courbes, c'est une digne descendante des P4 et autres P3. Par contre question hauteur, il semble exclu d'y faire rentrer un Dan Gurney, en conséquence grands gabarits s'abstenir !


Ferrari 712M « Canam »
Autre Ferrari impressionnante, la 712M pilotée notamment par Mario Andretti en 1971. Développée à partir d'un châssis de 512M et face aux redoutables McLaren M8F « papaye » de Peter Revson et de Denny Hulme, la Ferrari s'en tire avec les honneurs en obtenant la 4e place pour ses débuts à Watkins Glen.
La voiture est ensuite vendue à Luigi Chinetti et c'est un pilote qui nous est cher qui va briller à son volant. Encore jeune et peu expérimenté, Jean-Pierre Jarier se fera remarquer au volant de la 712M, auto réputée « dangereuse » avec laquelle il obtiendra lui aussi une 4e place méritoire à Road America.

La Cloche tibétaine
Ce fut une série TV tournée il y a bien une cinquantaine d'années. Elle relatait l'épopée de la Croisière Jaune, l'expédition organisée par André Citroën et motorisée par des P14 et des P17 Kégresse. J’ eu la chance d'y participer en tant qu'énième assistant décorateur, un bon copain de lycée, fils du producteur Robert Velin m'ayant pistonné.
Les repas de midi tous ensemble autour d'une table étaient animés par la présence de Philippe Léotard ainsi que d'un jeune comédien à peu près inconnu débitant ses blagues de manière quasi ininterrompue. Son nom ? Michel Colucci, dit Coluche.
Je m'égare un peu, sur la photo figure non pas les véhicules de la Croisière Jaune mais la P1T, baptisée « Scarabée d'Or », première automobile à effectuer la traversée du Sahara en 1923. Mais croyez moi ou non, je n'étais pas encore né. Cette exposition valait la peine de s'y attarder.

Encore des formule 1 ...
Je vous avais prévenu, les F1 étaient venues en nombre au Salon. Parmi elles, beaucoup s'étaient illustrées avec aux mains de pilotes français, citons en vrac la Williams de Jacques Laffite, le prototype Renault turbo RS1 du regretté Jean-Pierre Jabouille, la March 711 d'Henri Pescarolo, j'en oublie; une seconde Matra MS80 était elle aussi présente.




A l'Est bien du nouveau
Je m'attarde un bon moment sur les stands Toyota puis Skoda, vous savez cette petite firme qui ne faisait rien comme tout le monde. Chez les Japonais figure en bonne place la Sports 800, on peut y trouver les prémices de ce qui deviendra la 2000 GT. Cette S800 a la particularité de disposer d'une motorisation hybride bien en avance sur son temps.
Chez Skoda, on remarque comme il se doit des autos originales dont l'inédite Skoda 110 Super Sport de 1971 au physique somme toutes assez particulier, au second plan sur la photo derrière la mignonne Felicia.



M.Mallier, D. Champion, O.Rogar, F.Mazet
Le temps des copains
A la pause déjeuner, je repère dans la foule l'ami Gianpaolo, venu pour la semaine de sa lointaine Bretagne. Nous passons un bon moment à évoquer le passé, le présent, l'avenir, et bien entendu, la mémoire de quelques stands.
Nous nous dirigeons alors vers "the place to be", à savoir le stand Classic Courses d'Olivier Rogar où l'on retrouve un François Mazet très en verve avec qui je passerai un bon moment à évoquer des anecdotes de sa vie qu'il nous raconte avec l'aide de Jean-Michel Desnoues dans un livre que je vous recommande de lire, surtout si vous avez connu cette époque. François était en 1970 le successeur désigné d'un autre François, tous deux étant d'excellents pilotes. Les circonstances lui ont fait changer de trajectoire. Jamais on ne s'ennuie à la lecture de son bouquin, tout comme François ne semble pas s'être ennuyé dans la vie.
Je croiserai aussi avec plaisir les incontournables Bernard Asset, Patrice Vatan et Christian Magnanou. Last but not least, Gérard et Nadine Gamand, qu'il n'est pas nécessaire de présenter. J'aurais enfin une vraie discussion de R'batis avec Jean-Louis Moncet à proximité des Water Closets, l'échange portant surtout sur notre ville natale Rabat et ses différents quartiers.

François Mazet, Francis Rainaut
Je retrouve aussi avec plaisir l'ami Daniel Champion, toujours accompagné de son pote Michel Mallier. Daniel est vraiment quelqu'un d'adorable, il se rappelle de nos discussions comme si on s'était quittés hier. Je lui parle un peu de mes parties de mécanique sur la Matra murena, il me répondra que pour un mécanicien de course, le temps est toujours compté, il est impératif que la voiture soit prête dans le bon timing, grosse intervention ou pas. Le pire étant quand le pilote ne passe plus, et c'est précisément à ce moment là que les mécaniciens commencent à gamberger...
Parmi ceux et celles que j'aurais volontiers aimé retrouver, manquaient entre autres « Paolo » Brunerie et sa Solexine, Eric Bhat et bien évidemment Jacqueline Beltoise. Je pense sincèrement à eux et leur envoie mes amitiés.
R.I.P. François Libert
Au moment de publier cette note, j'apprends le décès de François Libert, survenu à Colombes le 2 août dernier. Personnage picaresque, passionné parmi les passionnés, François était avant tout un véritable ami qui nous régalait de ses exploits, avec une faconde parfois similaire à une montée dans les tours d'un Cosworth 1000cc dépourvu de mouchard.
Me vient immédiatement en tête une visite à Rétromobile en sa compagnie, moment épique s'il en fût, jamais il n'y en aura de semblable.
Repose en paix, François, tu nous manques...

Per qualche fotografie in più
A l'heure où la Mairie de Paris consacre tous ses efforts à parquer les citoyens de seconde zone dans leurs périphéries crasseuses, il devient de plus en plus difficile de se rendre Porte de Versailles. En paraphrasant un vieux dicton, ces prétendues élites ne sont pas si loin d' affirmer : « S'ils n'ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche » !
Aussi ai-je tenté cette année la visite du Salon en une seule fois. Autant le dire tout de suite, la visite exhaustive de Rétromobile en une journée reste une gageure. J'aurais sans doute pu y revenir pour tenir en alternance le stand Matra-Passion, mais l'expédition depuis l'Essonne - 14km seulement - m'en a dissuadé. Je vous livre en vrac quelques clichés pris ça et là, regrettant après coup d'avoir loupé quelques beaux rendez-vous. Et Grand Merci, Madame !




McLaren M8A 4WD




Delahaye 135M


Delage D12

Alfa Romeo « Disco Volante »

- Illustrations ©F.Rainaut
18:58 Publié dans c.amon, f.mazet, m.andretti | Tags : rétromobile 2025 | Lien permanent | Commentaires (8) |
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Commentaires
Écrit par : F.Coeuret | 03 mars 2025
Écrit par : Raymond Jacques | 04 mars 2025
Écrit par : F.Coeuret | 04 mars 2025
Écrit par : Raymond Jacques | 08 mars 2025
Écrit par : BERNIE | 04 mars 2025
Aucun rapport mais vu la petite photo et les dates tu as eu confirmation du décès du regretté François Libert ?
Écrit par : JP Squadra | 05 mars 2025
A l'occasion d'un prochain Rétro, j'espère qu'on pourra se renconter.
Pour François, j'étais dans le brouillard depuis pas mal de temps, dernier appel depuis un hôpital militaire, puis portable coupé, et puis plus rien.
C'est via le fichier de l'Insee que je regarde de temps en temps que j'ai eu confirmation de son décès, le 4 août à Colombes, peut-être chez lui. La date de naissance correspond, il n' a aucun doute, je croyais même qu'il était déjà parti...
Si j'avais su qu'il était à Colombes, j'aurais peut-être été le voir, mais aurait-il souhaité qu'on le voit s'il était dans un sale état ? Ca m'a fait quand même un choc, c'était un sacré personnage, et un type vraiment gentil, même si parfois un peu mytho.
Alors adesias, François, tu vivra encore longtemps dans mes souvenirs, tu auras eu malgré tout une belle vie, fallait en avoir pour se lancer parmi la meute avec une frêle Elina...
nb. J'aurais certainement l'occasion de lui rendre hommage un jour sur ce site.
Écrit par : Francis Rainaut | 05 mars 2025
Écrit par : Jean-Paul Orjebin | 12 mars 2025
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