18 octobre 2026
Le pesage, évènement incontournable des 24 Heures du Mans

L’automobile Club de la Sarthe instaura un règlement préalable à l’organisation de son épreuve d’endurance courue sur 24 heures. Le contrôle technique d’avant course y est résumé par le terme réducteur de pesage, un des nombreux critères évalués sur les autos avant la course. Finalement ce terme simple et pratique va s’imposer aux yeux du public. Une fois la date initiale de juin 1923 décidée, il fut envisagé en fonction de la réussite du projet une poursuite de la formule vingt-quatre heures dans les années futures.
François Coeuret

Les débuts
1923, première édition qui rassemble des constructeurs soucieux de tester et comparer leurs productions sur deux tours d’horloge. Préambule à la course, les contrôles sont destinés à vérifier la conformité des autos au catalogue constructeurs. Les modèles en lice doivent respecter strictement la série. Les vérifications se déroulent d’abord dans la Halle aux Toiles rue du Porc-Epic. Un espace suffisant permettant d’effectuer les opérations nécessaires sur une cinquantaine de voitures. Cet endroit vaste est en fait le lieu où l’automobile club de la Sarthe (pas encore l’ACO) organisa en 1912 et 1913 un salon de l’automobile.
Le public y est invité mais les premières années rassemblent essentiellement les initiés. Petit à petit l’évènement acquiert de l’importance et les organisateurs prennent vite conscience de l’aspect promotionnel du pesage. Le rassemblement devient très populaire. Une occasion d’observer de près les bolides, de côtoyer les pilotes.

Trouver un espace approprié
Dès 1950 le lieu commence à se délabrer. Les organisateurs déplacent les vérifications vers le Manège Cavaignac. Situé aussi en centre-ville, cet espace est facile à rallier pour les concurrents répartis dans les divers garages de la ville.
De 1954 à 1960 les vérifications pré-course prennent leurs quartiers sur les Quinconces des Jacobins.
En 1961 c’est le circuit qui accueille le pesage vers les premiers stands après Maison blanche. On évite ainsi aux concurrents un retour vers le circuit en subissant les inévitables embouteillages.
La zone reçoit des modifications en 1970 de sorte que l’ACO utilise un enclos à l’intérieur du circuit pour accomplir les vérifications. Le public qui a vulgarisé le terme a pris l’habitude de se rendre au « pesage ». Il devient aussi réputé que le départ en épi, pilotes face aux voitures qui sera d’ailleurs abandonné dès 1970 pour des raisons de sécurité. L’amateur apprécie cette opportunité d’admirer les bolides au repos, détailler leurs atours, côtoyer pilotes en mode décontracté et mécaniciens non affairés.

Le retour en ville
1975, une édition très moyenne côté fréquentation incite les organisateurs à revenir en ville pour présenter les voitures au pesage de 1976. Il faut remobiliser le public. Les Quinconces des Jacobins sont réélus afin de recevoir les amateurs de mécanique et sensibiliser plus de monde.
Les travaux du tramway vont déplacer le pesage Place des Jacobins puis au final Place de la République jusqu’à nos jours.
A partir de là débute le lundi après-midi et mardi toute la journée la « semaine du Mans ». Un rituel qui va devenir immuable.

Une organisation rigoureuse
Au fil du temps les opérations suivent les progrès techniques. Vérifications administratives et techniques des pilotes, licences, pesage mais aussi homologations combinaisons, casques (système HANS), sous-vêtements, gants, chaussures selon les normes FIA. L’autre inspection menée sur les autos est composée de différents postes où se succèdent les concurrentes. Un passage au crible où aérodynamique, cotes, poids, périphériques moteur, transpondeurs, boîtiers d’acquisition de données, phares, accessoires de sécurité sont scrutés avec minutie. Le passage sur le pont élévateur et les balances font partie des contrôles les plus spectaculaires aux yeux des observateurs. Une fois la voiture contrôlée, elle reçoit son écusson marqué du tampon indélébile lui ouvrant la piste.

Les « festivités » se sont enrichies avec le temps. La traditionnelle photo des équipes aux côtés des voitures, la parade des pilotes en ville le vendredi après-midi ainsi que l’ouverture du circuit offerte au public durant quelques heures font partie du spectacle des 24 Heures.
La journée du samedi peut alors débuter à l’approche de la confrontation tant attendue. Elle est intensifiée par une mise en scène organisée dans la dernière heure. Présentation des voitures sur la ligne des stands, hymnes des concurrents et passage de la patrouille de France. La Marseillaise précède le « pilotes démarrer vos moteurs » puis la mise en formation au son d’ « Also sprach Zarathrusta » de Strauss. Enfin le baisser du drapeau national agité par une célébrité au passage de la meute en action.
Que la compétition commence !

- Illustrations ©DR
16:16 | Tags : 24h le mans | Lien permanent | Commentaires (0)



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