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18 février 2015

Le funambule des Hunaudières…

C'est probablement l'image qui restera de cet allemand ultra rapide et spectaculaire au volant de sa Porsche 917. Aux 24 h du Mans 1969 (1), si Ickx partit en marchant, Rolf, lui, partit au sprint, on sait qui du lièvre ou de la tortue a eu le dernier mot...

par Alain Hawotte

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Le Mans 1969 ©DR

C'est sûrement plus en Sport avec Porsche qu'en F1 que Rolf allait bâtir une réputation de pilote rapide, sans peur et sans crainte, mais pas sans reproche, sa brutalité envers sa mécanique en étant le principal. Il devint cependant rapidement un des piliers du team Porsche remportant la Targa Florio 1967 et les 24h de Daytona 1968, en plus d’une multitude de bons résultats, notamment au Mans lors de la « course du siècle » (6e au général  non loin des grosses Ford et Ferrari avec une modeste 910),  mais aussi l’année suivante où il termine 3e, empochant au passage le record du tour (2).

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 GP U.S.A. 1970 ©DR

En 1969 il est engagé au GP d'Allemagne de F1 au volant d'une des F2 invitées à compléter le plateau. La F2 de Rolf vole de bosse en bosse et se qualifie facilement, Rolf termine 8ede cette course où son ami et ex-coéquipier Gerhard MITTER se tue lors des essais. Soutenu par un consortium de sponsors allemands, il obtient le volant de la seconde Brabham en 1970 mais à part un podium il sera devancé régulièrement par «  Old Jack » (3). Engagé plus pour ses sponsors que pour son talent en 1971 par le Team Surtees, il se disputera bien vite - encore un - avec Big John et quittera l'équipe avant la fin du championnat. Soutenu par Eifelland, il s'engagera dans une bien triste aventure pour 1972 avec cette équipe qui n’alignait ,en fait, rien d'autre qu'une March recarrossée par le désigner Coloni dans un style pour le moins particulier et bien peu efficace.

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GP Monaco 1972 ©DR

En sport heureusement tout va bien et pour le compte d'Alfa Roméo il bataille avec sa 3 litres contre les Porsche 917 5 litres de John Wyer, puis contre les Ferrari et les Matra, il n'a rien perdu de sa vélocité ni de son talent de funambule… Mais en F1, décidément, des choix douteux de 1973 à 1975 Rolf se fourvoie dans une Brabham privée, une Lola Hill trop lourde et enfin une Hill peu véloce. Quelques piges en 1976 pour Brabham ou dans le team Hesketh agonisant ne lui apporteront qu'un point au championnat. Frustré en 1976, Rolf décide de se consacrer à un retour en sport au volant des monstrueuses 935 et 936 et s'impose plusieurs fois, Rolf le funambule est de retour… et il revient encore une fois chez sa maîtresse, en F1, chez Arrows pour de nouveau s'y enfoncer dans le fond de grille.

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 GP Long Beach 1978 ©DR

Tournant définitivement le dos à celle qui ne voulait pas de lui, Rolf repart pour l'endurance, son berceau et retrouve ses vieilles amies,  les 935 de chez Porsche, il gagne à nouveau les 24h de Daytona en 1980 et en 1982 mais le destin l’attend à Riverside en 1983… Il perd la vie au volant de sa Porsche…
Pourquoi ce funambule ne réussit-il pas en F1 est un mystère,  son pilotage en force était-il peu approprié à la fine trajectoire dessinée par une F1 bien menée ou fut-il simplement malheureux dans ses choix d’écuries ?

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Riverside 1983 ©DR

Une anecdote pour terminer, au Mans en 1969 la 917, homologuée avec des ailerons mobiles, fut empêchée par les commissaires suivant la FIA traumatisée par les bris d’ailerons en F1 de rouler dans cette configuration... Rolf prêcha que l'auto était plus dangereuse avec des ailerons fixes que mobiles et pour le prouver sauta dans la Porsche n°14... Un tour sur un fil à 100m de haut, voilà à quoi ressembla ce tour, la Porsche dansait entre les fascines, louvoyait dans les Hunaudières, virevoltait dans la chicane Ford mais battit le record du tour... Parcourus d'un frisson de crainte le long de leurs échines les commissaires autorisèrent la Porsche 917 à partir avec des ailerons mobiles et ce samedi de juin 1969 durant les premières de course, personne n'oubliera le passage du funambule à la Porsche blanche au nez jaune : Rolf STOMMELEN !

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Essais du Mans avril 1969 ©DR

 

(1)    1969 Meilleur temps aux essais d'avril, Porsche 917, 3 min 30 s 7 pole position aux 24H du Mans, Porsche 917, 3 min 22 s 9 (238,977 km/h)

(2)    1968 Pole position aux 24H du Mans, Porsche 908, 3 min 38 s 1 (222,322 km/h)

(3)    Voir : Hit the Road, Jack !

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17:26 Publié dans r.stommelen | Tags : stommelen | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |

Commentaires

Merci Alain de se souvenir de ce pilote, un de mes préférés ! Mais n'oublions pas que Rolf a flirté avec la victoire en F1, lors de ce maudit GP d'Espagne 1975...

Écrit par : Marc Ostermann | 18 février 2015

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Beau papier,Alain. Concernant son parcours en F.1,je préfère ta deuxième option :
"malheureux dans ses choix d'écurie".
En 1970,il ne disposa jamais d'une monoplace à la hauteur de celle de son patron.
D'ailleurs,l'écurie "Brabham" n'hésita pas à annoncer à la presse que,pour la 1° fois,
il existait une hiérarchie entre ses pilotes.
En 1971,son nouveau patron,"Big John",ne fera pas mieux que lui. Rolf s'en tira avec
les honneurs.
En 1972,il répondit à l'appel de son compatriote et ami,Hans Henerecci(patron de
la société "Eifelland Caravans")qui souhaitait intensifier son action dans le sport
auto. C'est sûr,l'entreprise fut hasardeuse. Lutz Colani(et non "Coloni")ingénieur,
spécialisé dans l'aérodynamisme,prit comme base de travail,une "March 721 G",
qu'il habilla d'une carrosserie originale. Les promesses entrevues ne se concrétisèrent
pas.
Mi-1973,Rolf revint en F.1,avec la 3° "Brabham",succédant au malheureux Andréa
de Adamich,grièvement blessé en Angleterre. Au Ring,il concurrença,sans problème,
Wilson Fittipaldi,confirmant en Autriche,ces bonnes dispositions. A Monza,aux essais,
il domina les deux titulaires de l'écurie !
En 1974,il intègre,vers la fin de la saison,la nouvelle écurie fondée par Graham Hill,
remplaçant Guy Edwards. Un journaliste de l'année automobile écrira:"l'arrivée de
l'excellent pilote germanique permit de mettre en valeur le potentiel de l'écurie".
Titularisé en 1975,Rolf tient la chance de sa vie. En Espagne,avec la "Hill GH.1",il
mène la course,pour la 1° fois de sa carrière. Las! L'aileron arrière se détache,
l'expédiant à l'hôpital pour de nombreuses semaines.
En 1976,après quelques "piges" avec la "Hesketh 308 D" ou chez le "RAM Racing",
il dispose de la 3° "Brabham"(BT.45) pour son épreuve nationale. Qualifié loin,
il va montrer,au volant du "mulet",toute l'étendue de son talent en remontant de
la 16° place à la 6°(marquant un point). Il conservera son volant pour Monza.
Absent,en 1977,il réapparait chez "Arrows" la saison suivante. Dernière campagne
sans résultats probants...
Je dirais,pour conclure,qu'il n'a jamais pu disposer d'une monoplace à la hauteur
de ses ambitions.

Écrit par : Michel Lovaty | 19 février 2015

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Rolf Stommelen à ses débuts fait irrémédiablement penser à un autre pilote allemand, le regretté Stéfan Bellof, même genre de chien fou...

Écrit par : Francis Rainaut | 19 février 2015

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Je "profite" de l'encart photo en hommage à G. Ducarouge pour préciser à Francis que son interrogation sur la création de la Matra MS 80 posée dans classic courses trouve réponse dans le livre sur B. Boyer (Delannoy) consacré à Matra (Ed du Palmier). Voir com CC ...Cordialement

Écrit par : linas27 | 26 février 2015

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