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16 avril 2015

1966' Grand Prix movie - 3 - Spa Francorchamps

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john surtees,spa-francorchamps

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« Sais-tu ce qu'il y a de particulièrement beau dans une voiture ? Quand elle ne marche pas bien, on peut la démonter entièrement, mettre ses organes à nu, découvrir la cause précise du mal et ôter la pièce défectueuse pour la remplacer par une neuve.

Si on pouvait en faire autant pour les humains... »

 

- Voir aussi:  1966' Grand Prix movie - Ouverture

- Voir aussi:  1966' Grand Prix movie - 1 - Monaco

- Voir aussi:  1966' Grand Prix movie - 2 - Charade

par Francis Rainaut

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02 décembre 2014

La passion

SPA 66, j’ai 9 ans, un gosse..., un premier GP, un circuit, dans le lointain un bruit déchire les vallées humides des Ardennes, un nuage de pluie s’avance de plus en plus vite, un point rouge grossit, un pilote se bat, ses bras dansent sur son volant, un numéro 6 blanc, et une étincelle au fond de moi, chaque tour soufflera sur cette étincelle, attisera la flammèche qui deviendra brasero.

john surtees,ayrton senna

par Alain Hawotte

Durant le retour j’ai le ventre qui frémit encore du hurlement du moteur. Et alors on cherche à la télé noir et blanc la voiture rouge, le casque blanc et bleu, puis la voiture deviendra blanche, puis rouge de nouveau et enfin bleue et en couleur comme la télé…
Et un jour dans un entrefilet on lira que Big John met un terme à sa carrière de pilote, la chaîne se casse, mais le feu brûle toujours, on suit des voitures frappées des flèches blanches et du sigle TS, et puis les Surtees disparaîtront. Le jeune adolescent était resté un gosse et en voulait à la terre entière…

john surtees,ayrton senna
Mais au départ du GP suivant, il y avait Ickx pour longtemps en GP d’abord, en endurance et rallye raid ensuite, et la main a rallumé la T.V., le magazine préféré était encore dans le porte-journaux… La passion était là, de pilotes en pilotes, d’écuries en écuries, de circuits en circuits, de disciplines en disciplines même, elle se nourrissait sans cesse.
Des drames, il y en eu d’autres, et j’ai été touché ou cela fait mal un beau premier mai 94, et là, j’ai dit stop, j’ai pleuré, j’ai juré, j’ai craché !

john surtees,ayrton senna
Ma passion, elle, elle n’a rien dit, elle savait que je la retrouverais, une fidélité de 30 ans ne se détruit pas, elle s’occulte, se fait petite, se cache et murmure, petit à petit elle se redécouvre ; des sons, des images, des odeurs reviennent à la surface et le murmure grandit, se développe et, comme cette voiture rouge en 66, emporte à nouveau mon cœur et mes tripes.

Je sais, et je le crains; ma passion connaîtra d’autres drames, grands et petits, mais je sais aussi que certains vecteurs de cette passion seront en bonne place dans mon livre d’or, et je sais surtout que tous, oui tous, garderont une place dans mes souvenirs.

 

john surtees,ayrton senna

- Photo 3 ©The Cahier Archive

- Autres photos ©D.R

26 septembre 2014

John Surtees, le seul champion du monde sur 2 et 4 roues

Cela ne s’est produit qu’une seule fois dans l'histoire. Un seul pilote a réussi à remporter à la fois le Championnat du Monde moto et auto, John Surtees. En 1956 il devint à tout juste 22 ans Champion de Monde moto dans la catégorie reine des 500cc. Puis en 1960 il passa à plein temps à la course automobile et fut couronné Champion du Monde de Formule 1 en 1964. A l’âge de 26 ans il devint le seul homme ayant jamais remporté le Championnat du Monde  sur deux et quatre roues. Depuis il n’y en a pas eu d’autre, peut-être n’y en aura-t-il jamais.

john surtees,ferrari

par Alain Hawotte

Né le 11/02/34 à TASTFIELD et donc originaire de la patrie de la F1 moderne, l’Angleterre, John a décroché le titre 64 sur le fil. Lors de la dernière course, le 25/10 à MEXICO, Clark ou Hill (Graham le père de Damon) auraient pu l’emporter, mais, cette fois et pour une fois, Dame Chance souriait à « Il Grande John », le favori des Tifosi. En effet Clark abandonne en toute fin de course à quelques kilomètres du sacre sur fuite d’huile et Bandini, équipier de John pousse tant et plus Graham Hill à commettre une faute que celui-ci, touché au freinage par la Ferrari de Bandini part en tête à queue et écrase ses échappements… le temps de revenir en course, Bandini et John sont passés à la poursuite de Gurney et de sa Brabham qui devait l’emporter. Dans les derniers tours après l’abandon de Clark, Bandini s’efface offre la deuxième place et le titre à John qui n’en sera jamais vraiment satisfait.

john surtees,ferrari

Cependant les années suivantes devaient être marquées par une noire malchance si bien que ce titre semble finalement mérité au vu de la suite. Car chaque fois qu’il s’agit de donner le meilleur de soi-même « Big John » répond présent ! Après ses débuts sur LOTUS en 1960, il passe en 61 sur Cooper chez Yeoman Credit et en 62 sur la Lola officielle engagée par le même team, avec de bons résultats et des places de second. Ferrari fait appel à lui en 63 et la première victoire au Nürburgring vient vite : tout un symbole, le circuit le plus difficile… Champion en 64, luttant avec le peu de moyens de sa Ferrari en 65 derrière un inaccessible tandem Clark-Lotus, 66 devait être à nouveau l’année Surtees. C’est maintenant le drame en disputant le championnat CANAM John est victime d’un accident grave mais il revient encore boitillant et l’orgueilleux pilote se brouille avec Dragoni, directeur d’écurie chez les rouges… Un Dragoni qui voulait favoriser Parkes, et pas Bandini comme beaucoup l’ont cru. Par exemple à Monaco John demande la V8 légère on lui impose la V12 trop lourde mais Surtees se qualifie en 1ère ligne et déclare, « Mr Dragoni, je suis le plus rapide même avec la V12, je vais mener la course mais la voiture ne tiendra pas et Ferrari ne gagnera pas ». Et Surtees de partir le couteau entre les dents, de précéder la Brm de Stewart mais de casser avant la mi-course la transmission de la Ferrari 312 et Ferrari de perdre une course que Bandini finira second au volant de la V8 qui avait tenu, elle ! Retour en Sport à Monza sur une P3 qu’il partage avec Parkes, Dragoni voulant prouver ainsi que John n’avait plus les moyens de conduire vite… Malheur en course la pluie s’en mêle et la P3 tombe en panne de moteur d’essuie-glaces ! Une seule solution vite appliquée par John, rouler plus vite pour que l’eau glisse sur la bulle… et John roule plus vite, plus vite que tout le monde et plus vite, surtout que Parkes ! Tellement vite que la P3 aveugle remporte la victoire.

SPA 1966 les Ardennes, le soleil, en première ligne John et sa Ferrari n°6, départ, raidillon… et juste avant Masta un mur d’eau ! le climat belge, le déluge, la « drache » nationale… seules cinq ou six voitures traverseront ce premier tour épique; en tête : Rindt et Surtees qui observe puis, profitant aussi des ennuis de différentiel de la lourde Cooper Maserati de Rindt qui effectuera un triple tête à queue en pleine ligne droite, John passe à l’attaque et remporte sa plus belle victoire ! Le Mans 66, jeudi midi, John apprend que vu son état de forme, Dragoni considère qu’il ne sera bon qu’à jouer le lièvre pendant les deux premières heures, c’est cela… après Monza et Spa ! Jeudi soir, une 330GT de route quitte le Mans, John a claqué la porte de la Scuderia qui d’ailleurs sera vaincue au Mans cette année là par Ford… Il trouve refuge sur la Cooper Maserati abandonnée par Ginther parti chez Honda et avec cette lourde machine termine plusieurs courses dans les points gagne même à Mexico et termine deuxième du championnat derrière Brabham… les spécialistes se disent que s’il était resté chez Ferrari…

john surtees,ferrari

Voilà 1967 un autre défi attend cet homme de challenge, le défi Honda, lourd, très lourd comme sa monoplace d’ailleurs, un soutien discret de l’usine, deux mécanos changés tous les deux mois. « Une fois formés ! » dira John et toujours la volonté de vaincre, sa RA273 est lourde, il le sait alors il appelle Eric Broadley de chez Lola puis prend livraison d’un chassis Indy et aligne l’engin hybride au GP suivant… Monza 67 Clark retardé d’un tour par une crevaison remonte jusqu’à la première place !… et tombe en panne d’essence dans le dernier tour ! Big John et Black Jack Brabham entrent dans l’avant dernière ligne droite ensemble: la Honda en tête… le freinage de la fameuse Parabolica va être décisif mais John a remarqué que de l’huile se trouvait à l’intérieur, celle de Hill dont le Ford avait explosé auparavant… et la Honda blanche et rouge semble ouvrir la porte à la Brabham verte et or, Black Jack plonge à la corde et réalise le piège tendu par Big John, il freine glisse sort large et là le vacarme de la grosse Honda passe sur sa droite, John réaccélère une fraction de seconde plus tôt que son adversaire, la ligne est encore loin, la Brabham remonte, 3e, 4e… et… non John ne passe pas la 5e, il lance le V12 grondant dans son dos en surrégime, il sait que s’il passe la 5e la perte de temps lui fera perdre la course, alors tant pis s’il explose… et le V12 tient dans un bruit aigu à la limite de la rupture, la Honda passe en tête la ligne… pour quelques centimètres John SURTEES vient de gagner son dernier GP de championnat du monde… il terminera dans le top 5 au championnat.

john surtees,ferrari

1968, La Honda conçue par le team Surtees et Lola est la RA301, une des plus rapides F1 du plateau… mais au Japon, le rêve de Mr Honda c’est la RA302, équipée d’un V8 refroidi par air, la même technique que le moteur de la future Civic… et tous les efforts sont concentrés sur cette machine, alors celle de John casse ici une rotule, là une durite… alors qu’elle est chaque fois dans le top… la Ra302 débarque en Angleterre, John l’essaie et en ressort effrayé ! Honda, vexé, en confie le volant au pauvre Jo Schlesser qui se tue avec au GP de France que John terminera second derrière Jacky Ickx… Encore aujourd’hui John prétend qu’il aurait pu être champion en 1968, je ne suis pas loin de le croire… fin 68 alors qu’en 69 Honda pouvait enfin toucher au but, la firme se retire touchée par le drame et dépitée par l’échec de la RA302, la Civic sortira même avec un moteur conventionnel… 1969, la galère BRM, après avoir refusé de revenir chez Ferrari, la fierté, toujours cette foutue fierté ! ! ! 1970 et le « fils du vent », un autre de ses surnoms, de devenir le « loup solitaire », le team Surtees achète une Mc Laren M7 que John modifie et avec laquelle il décroche le record du tour à Kyalami… mais John ne vit plus que pour sa voiture la TS7 qu’il aligne au GP de Grande Bretagne, simple bien faite la voiture est un succès mais les moteurs Ford cassent comme du verre… trop d’équipes à fournir et les finances ne suivent pas, John gagnera la GOLD CUP à son volant puis se consacrera de plus en plus à la fabrication et abandonnera le pilotage en course, tout un symbole, au GP d’Italie 1972… l’histoire de son écurie est une autre histoire.

john surtees,ferrari

- Photos 1 & 3   ©JohnRoss

- Photo 5   ©GeraldSwan

- Autres photos   ©D.R.

john surtees,ferrari

11 juillet 2014

1966' Grand Prix movie - 1 - Monaco

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john frankenheimer,john surtees

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« Après le virage de Sainte-Dévote, Sarti est en tête devant Stoddard, Aron, Hill, Anderson et Randolph. Stoddard se porte maintenant à la hauteur de Sarti dans la montée, et va essayer de passer...

... Exprès ou pas exprès, tu es en train de bousiller la boite ! »

- Voir aussi: 1966' Grand Prix movie - Ouverture

 

Signé Francis Rainaut

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26 juin 2014

Le petit Mozart de la F1

Venu d'outre-Quiévrain, Alain Hawotte, comme certains de ses illustres compatriotes, est un adepte de la ligne claire (*) et du mot juste. Son trait de plume est net et précis, ses récits ont du rythme et de l'humour. Tous les ingrédients sont donc réunis pour savourer ces passionnantes histoires belges, à ne pas confondre avec les mémoires d'Ostende...

(*) en admettant que ce terme puisse s'appliquer à des écrits.

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Le petit Mozart de la F1

Pour Ricardo, même si la comparaison est courue et ne convient que rarement, elle s’impose d’elle même.
Ricardo jeune homme ténébreux, doué, charmeur plein de projets tout en ayant déjà accompli en quelques années ce que d’autres ne feront pas en une vie entière...
Ricardo, champion cycliste à 10 ans, faute de pouvoir l’être à moto si jeune, Ricardo, champion moto à 14 ans, faute de pouvoir l’être en voiture et Ricardo qui s’engage au Mans en sport sur Ferrari avec son frère et qui est refusé au départ à 17 ans en ayant pourtant 2 ans de conduite de grosses sports chez lui, là bas au Mexique...

Il revient l’année suivante et manque de gagner mais la mécanique Ferrari casse...

A 19 ans, en 1961, Ricardo intègre la Scuderia Ferrari, trop jeune pour résister aux pressions d’une équipe d’usine et de tout un peuple.
Le GP d’Italie sera son premier GP, aux essais les critiques pleuvent, Ricardo conduit comme un dément, "un dément génial mais dangereux" dira Von Trips qui, ironie du destin ne sait pas encore qu’il prendra demain son dernier départ...
Alors Ricardo court, court encore et toujours, passe en trombe à Spa, dompte le raidillon sans sourciller... enfin sans que lui ne sourcille car les autres le considère toujours comme dangereux pour lui et surtout pour les autres, la foule l’adore car elle pense que si ses pairs l’estiment dangereux, elle comprend surtout bien vite qu’il est dangereux pour l’aura des princes et des rois en place...
Riccardo va vite, tellement vite.

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GP du Mexique 62, Ferrari n’est pas là alors Ricardo prend place dans la Lotus bleu nuit, comme le crépuscule, de Rob Walker !
Il est chez lui, il est en pôle, mais, soudain, la Lola d’un outrecuidant Surtees prend la pôle, sa pôle… Alors, fébrilement, Ricardo saute du muret des stands et des bras de sa femme, et oui, déjà il était marié, il ajuste son casque jaune orné du drapeau vert blanc rouge, à sa façon, légèrement incliné vers l’arrière, et bondit fébrilement dans sa Lotus, une Lotus qui vole sur la piste, une Lotus qui survole les difficultés, un piano duquel le jeune artiste tire les plus belles notes de glissades en rugissements suraigus, et voilà le bolide qui aborde « Peralta » la courbe rapide avant les tribunes, la Lotus entre bien vite dans la courbe, très vite… trop vite, Mozart joue de son volant, contrebraque, mais rien à faire, la partition échappe soudain à l’artiste et la Lotus désemparée s’en va se disloquer dans les protections... Mozart ne jouera plus jamais...

Jeune, trop jeune, rapide, trop rapide, fougueux, trop fougueux, orgueilleux, trop orgueilleux, mais doué, tellement doué... Tel était RICARDO RODRIGUEZ...

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Signé Alain Hawotte

 

- Images ©DR