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06 janvier 2021

L’énigmatique Monsieur J.B.

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Le Mans 1959 - "Beurlys" / "Eldé" Ferrari 250 GT LWB


Homme discret, voire même secret, il ne donnait que très peu d’interviews et ne se laissait pas facilement photographier ni même approcher. Richissime entrepreneur belge[1], il pilotait en course automobile pour son plaisir. Mais il était sans aucun doute bien plus qu’un gentleman driver. Il était quasiment un pilote professionnel. Il était aussi musicien, plus précisément guitariste de jazz, et ami du grand Wes Montgomery au célèbre « thumb picking ». Il s’en est allé le 17 décembre dernier à l’âge de 91 ans, en toute discrétion, comme il avait vécu.

Raymond Jacques


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Jean Blaton de son vrai nom, plus connu dans le milieu des courses automobiles sous le pseudonyme de « Beurlys » ou « Jean Beurlys », possédait un palmarès particulièrement fourni et élogieux. Rien que ses résultats aux 24 heures du Mans sont édifiants : quinze participations, quatre troisièmes places (1959, 1962, 1965, 1967), et une seconde place en 1963. Ses places d’honneur au classement scratch étaient souvent assorties de victoires de classe, comme en 1965 sur une Ferrari 275 GTB-C engagée par l’Ecurie Francorchamps, dont il partageait le volant avec Willy Mairesse. 

Ferrari 275 GTB_C (Le Mans 1965).jpg
Ferrari 275 GTB–C « Beurlys » et W. Mairesse, 3e au scratch et 1re GT

 

Il fut aussi champion de Belgique des courses de côte, car on court aussi en côte au Plat Pays. Il s’était constitué une fantastique collection de voitures de courses qui fut vendue aux enchères en février 2005 par la maison Artcurial.

Il y a longtemps, j’avais un ami qui pilotait une Cortina Lotus en VHC.

Il me livra cette anecdote : au Grand Prix de l’Age d’Or 1994 arriva un camion jaune marqué J.B. Racing. Les mécaniciens en descendirent une Lola T282 sous le regard d’un monsieur d’un certain âge (65 ans, en fait) à l’allure fort distinguée, et qui arborait une fine moustache à la Clark Gable. Les autres pilotes, presque tous amateurs qui ne le connaissaient pas, crurent qu’ils allaient régler son compte au « vieillard » en deux ou trois tours. Mais, dès le départ les petits sourires en coin affichés sous les casques intégraux disparurent. 

 

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1000km Spa 1967 - J.Swaters, M.deBousies, J.Blaton, W.Mairesse ©Klemantaski Collection

 

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Spa-Francorchamps 1967 ©BrunoDaytona67

 

Car « l’ancêtre » est un sacré pilote et ses poursuivants s’épuisent à le suivre. Pour eux, il est devenu hors de question de seulement penser à le doubler. Et « Beurlys » franchit la ligne d’arrivée en vainqueur ! Et mon ami me dit : « Quand on est face à un calibre comme ça, nous, les amateurs, on ne peut rien faire »….

 

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Notes

  1. En 1991, un journaliste d’investigation belge du nom de Georges Timmermann écrivit un livre intitulé « Main basse sur Bruxelles », titre évocateur s’il en est, et dans lequel il décrivait les actions des lobbies du BTP dont le groupe Blaton faisait partie…

Commentaires

Beurlys, un pseudo qui interpellait en effet sur les listing de classement. Souvent positionné en haut de ces classements, ce qui était révélateur. Merci de nous rappeler le souvenir de Jean Blaton, complété par une illustration.

Écrit par : F.Coeuret | 06 janvier 2021

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Effectivement, ce nom bizarre de "Beurlys", relevé sur de nombreux comptes-rendus de courses, m'a longtemps interpelé. J'avais beau chercher, avec les moyens extraordinairement limités de l'époque, qui se cachait derrière ce pseudonyme, sans aucun succès.
Il faut dire que l'utilisation d'un pseudonyme permettait à un riche gentleman driver d'éviter de se faire remarquer dans un sport où l'on pouvait facilement lui reprocher de dilapider l'argent de son entreprise. Citons Pierre Boncompagni alias "Pagnibon", qui était commerçant (?), Pierre Bouillin, alias "Pierre Levegh", garagiste, et beaucoup d'autres...
A propos de Levegh, j'avais une collègue plus âgée que moi qui avait commencé sa vie professionnelle chez Ford Poissy, usine qui recevait régulièrement la visite du pilote, qu'elle voyait pour des affaires commerciales.
Puis-je proposer un petit jeu dans l'espace des commentaires/réponses ? Donner le vrai nom d'un pilote, son activité hors compétition automobile (si possible) et son pseudo ? Il doit y en avoir un sacré paquet...............
P.S. sur mon dessin, l'accord plaqué par "Beurlys" sur sa gratte est un ré majeur. En théorie.

Écrit par : Raymond Jacques | 06 janvier 2021

Cité dans l'article "Eldé": le belge Léon Dernier équipier de Beurlys, je n'ai pas trouvé son activité hors compétition... On comprend l'utilisation du pseudo, son nom n'est pas très motivant pour la course !

Écrit par : F.Coeuret | 06 janvier 2021

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Le frère de Jean Blaton, Adolphe (dit "Ado", Adolphe faisant mauvais genre) à couru (beaucoup moins que Jean) sous le pseudonyme de "Blary".

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

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NOOOOON ! "Blary", c'est Armand, pas Ado ! Grande famille les Blaton !

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

Ah, damnède, j'allais l'oublier ! ! ! Mariette Hélène Delangle, alias "Hellé Nice", mannequin, danseuse et acrobate dont on peut retrouver l'histoire dans la note "Les Femmes Aussi" sur ce blog.

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

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Guy Hansez, banquier (?) baron (?), alias "Remordu". Qui courait en costard cravate avec un casque cromwell !

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

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Plus près de nous Marie Claude Charmasson alias "Beaumont" qui s'était inventée un nom pour ne pas faire d'ombre à Jean son père pilote et concessionnaire Citroën...

Écrit par : F.Coeuret | 07 janvier 2021

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Louis Krages, industriel et entrepreneur allemand, alias John Winter vainqueur du Mans en 1985.

Écrit par : JP Squadra | 07 janvier 2021

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En voilà un très curieux, voire même gratiné : André Gahinet, médecin anesthésiste réanimateur et ostréiculteur (?), alias "Segolen". Plutôt pilote de rallye, mais pistard à l'occasion : 7 engagements aux 24 heures du Mans, 5 participations toujours sur des Porsche, 2 fois classé. Pilote privé d'avion, navigateur à voile. Un homme très occupé...

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

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André Gahinet (Segolen) décida d'utiliser son pseudo lorsqu'il apprit la naissance de sa petite nièce Ségolène!

Écrit par : F.Coeuret | 07 janvier 2021

Axel Linther, qui aurait dû être sacré champion du Monde en 1961.
Wolfgang Alexander Albert Eduard Maximilian Reichsgraf Berghe von Trips, tout simplement !

Écrit par : Francis | 07 janvier 2021

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Pour Antonio Bronco, se référer à :
http://memorytso.hautetfort.com/archive/2020/02/24/george-ricky-brett-et-les-autres-6215108.html

Écrit par : Francis | 07 janvier 2021

Ses cartes de visite étaient en format A3, mais celles d'Antonio Vicente Eduardo Angel Blas Francisco de Borja Cabeza De Vaca y Leighton Carvajal y Are, Comte de la Mejorada, Marquis de Portago (pffff) étaient au format A1.

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

Carlo Franchi : homme d'affaires italien qui courrait dans les années 70 sous le nom de Gimax. Vu en F1 sur Surtees.

Écrit par : JP Squadra | 07 janvier 2021

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Et une des filles d'Ado Blaton, Catherine, a été la 1re épouse de Jacky Ickx, avec qui il a eu 2 filles, Vanina et Larissa.

Écrit par : Jean-François RIGO | 07 janvier 2021

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"Gédéhem"... Mr Gérard Dantan-Merlin était un pilote amateur (66-74), a commencé par le rallye puis est passé à la piste sur des Porsche GT, 2 participations au Mans en 71 / 72 .

Écrit par : F.Coeuret | 07 janvier 2021

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Giacomo Russo (1937 - 1967), pas d'activité professionnelle connue hors la compétition automobile, alias "Geki". Pilote de monoplaces en formule junior et en formule 3, il court aussi en endurance sur Alfa Romeo TZ2 (la superbe baby GTO). Il meurt dans un terrible carambolage à Caserte lors d'une course de F3 où sont impliqués une demi douzaine de pilotes, dont Regazzoni et Brambilla. Il fait deux ou trois apparitions en F1 (2 GP disputés pour le team Lotus).

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

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Birabongse Bhanutej Bhanubandh, noble du royaume de Siam, devenu la Thaïlande depuis, alias "Prince Bira" (1914 - 1985). Entre 1935 et 1955, il a usé un certain nombre d'E.R.A. britanniques, mais aussi des Maserati, Gordini, Aston, Connaught, Delahaye, Delage, etc. Il deviendra un éminent régatier après avoir abandonné la course automobile (presque) couvert de gloire.

Écrit par : Raymond Jacques | 07 janvier 2021

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